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Sauvegarde

Sauvegarde : la règle du 3‑2‑1 expliquée simplement

Trois copies, deux supports, une copie à l’extérieur : la règle de base pour ne jamais perdre ses données, avec des exemples concrets pour un foyer et pour une petite entreprise.

Publié le 6 min de lecture

Pour : Particuliers · Professionnels et associations

Un disque dur qui lâche, un ordinateur portable volé, un fichier écrasé par erreur, un rançongiciel qui chiffre tout le réseau, un dégât des eaux : il suffit d’un incident pour perdre des années de photos ou de travail. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. La seule protection fiable reste une bonne sauvegarde, et la règle du 3‑2‑1 est la façon la plus simple de la concevoir.

En bref

  • 3 copies de vos données, 2 supports différents, 1 copie hors de vos locaux.
  • Une sauvegarde doit être automatique : celle qui dépend de notre mémoire finit par être oubliée.
  • Au moins une copie doit être déconnectée ou non modifiable, pour résister à un rançongiciel.
  • Une sauvegarde n’a de valeur que si l’on a vérifié qu’elle se restaure.

Une seule copie ne suffit pas

Beaucoup de personnes pensent être protégées parce que leurs fichiers sont « dans le cloud » ou copiés sur un disque externe. Deux idées reçues méritent d’être corrigées.

La synchronisation n’est pas une sauvegarde. Les services comme OneDrive, Google Drive ou Dropbox recopient vos fichiers à l’identique sur tous vos appareils. C’est très pratique, mais ils recopient aussi vos erreurs : un fichier supprimé ou chiffré par un rançongiciel l’est aussi en ligne. Certains services conservent les anciennes versions pendant quelque temps, ce qui aide, mais ne remplace pas une vraie sauvegarde.

Un disque toujours branché est exposé aux mêmes dangers que l’ordinateur. Un rançongiciel chiffre tout ce qu’il peut atteindre, y compris le disque de sauvegarde connecté en permanence. Une surtension ou un incendie les détruisent tous les deux en même temps.

La règle du 3‑2‑1

Popularisée dans les années 2000 par le photographe américain Peter Krogh, cette règle s’est imposée comme une référence chez les professionnels de l’informatique. Elle tient en trois chiffres.

3 copies de vos données. L’original, sur lequel vous travaillez, et deux copies de sauvegarde. Si une copie fait défaut le jour où vous en avez besoin, il en reste une autre.

2 supports différents. Par exemple le disque de l’ordinateur et un disque externe, ou un serveur de fichiers (un NAS) et un service de sauvegarde en ligne. Deux supports de nature différente ont peu de chances de tomber en panne en même temps.

1 copie hors de vos locaux. En cas de vol, d’incendie ou d’inondation, toutes les copies rangées au même endroit disparaissent ensemble. Une copie doit donc se trouver ailleurs : dans un centre de données, chez un prestataire, ou sur un disque emporté régulièrement à un autre endroit.

L’ANSSI, l’agence nationale chargée de la cybersécurité, en recommande une version adaptée aux rançongiciels : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors ligne, c’est-à-dire déconnectée de l’ordinateur et du réseau. Les deux exigences se complètent : l’idéal est une copie à la fois à l’extérieur et hors d’atteinte d’une attaque.

Un exemple pour un foyer

  • Les photos et documents de la famille sont sur l’ordinateur (copie n° 1).
  • Une fois par semaine, un logiciel les copie automatiquement sur un disque externe, débranché ensuite et rangé dans un tiroir (copie n° 2, support différent).
  • Chaque nuit, une sauvegarde chiffrée part vers un service en ligne (copie n° 3, hors du domicile).

Un exemple pour une petite entreprise

  • Les dossiers partagés sont sur un serveur de fichiers au bureau (copie n° 1).
  • Chaque soir, ils sont sauvegardés automatiquement sur un second appareil, avec un historique de plusieurs semaines (copie n° 2).
  • Chaque nuit, une copie chiffrée est envoyée chez un hébergeur situé en France ou en Europe, et ne peut pas être modifiée pendant une durée fixée à l’avance (copie n° 3, hors des locaux).

Le complément moderne : 3‑2‑1‑1‑0

Face aux rançongiciels, des spécialistes de la sauvegarde ont complété la règle. On voit de plus en plus souvent la formule 3‑2‑1‑1‑0 :

  • 1 copie hors ligne ou immuable : un disque débranché, ou un stockage qui interdit toute modification ou suppression pendant une durée fixée. Même un attaquant qui prend le contrôle de votre réseau ne peut pas la détruire.
  • 0 erreur lors des essais de restauration : les sauvegardes sont vérifiées, et l’on s’est assuré qu’elles permettent bien de récupérer les données.

Une sauvegarde jamais testée n’est pas une sauvegarde

C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus douloureuse : découvrir le jour de la panne que la sauvegarde s’était arrêtée depuis des mois, qu’elle était incomplète, ou que personne ne sait comment la restaurer.

Quelques habitudes suffisent à l’éviter :

  • Surveillez : le logiciel de sauvegarde doit vous prévenir quand une sauvegarde échoue, et quelqu’un doit lire ces alertes.
  • Restaurez régulièrement : récupérez un dossier tous les trimestres, par exemple, et vérifiez qu’il s’ouvre correctement. Une fois par an, essayez de remettre en route un poste complet.
  • Écrivez la marche à suivre : où sont les sauvegardes, comment les restaurer, qui contacter. Le jour de l’incident, ce document fait gagner un temps précieux.

Garder plusieurs versions

Une bonne sauvegarde ne conserve pas seulement la dernière version de vos fichiers, mais un historique. Si un fichier est abîmé ou chiffré sans que vous vous en rendiez compte tout de suite, vous pourrez revenir à une version antérieure saine.

Un rythme courant consiste à garder une sauvegarde par jour pendant deux semaines, une par semaine pendant deux mois, puis une par mois pendant un an. À adapter selon la valeur de vos données et la fréquence à laquelle elles changent.

Pour une entreprise ou une association, les sauvegardes contiennent souvent des données personnelles (clients, adhérents, salariés). Le RGPD impose de les protéger aussi bien que les originaux : chiffrement, accès réservé aux personnes autorisées, durée de conservation limitée.

Les erreurs les plus courantes

  • Ne sauvegarder que les documents, en oubliant les courriels, la comptabilité, les agendas ou les mots de passe.
  • Placer la sauvegarde sur le même disque que les données, dans une autre partition.
  • Laisser le disque de sauvegarde branché en permanence.
  • Chiffrer ses sauvegardes, puis perdre la clé de chiffrement : sans elle, la sauvegarde est inutilisable. Conservez-la en lieu sûr, à part.
  • Ne jamais vérifier que les sauvegardes fonctionnent.

Par où commencer ?

  1. Faites l’inventaire de ce qui compte : documents, photos, courriels, comptabilité, logiciels métiers, serveurs.
  2. Choisissez les supports : un appareil sur place pour restaurer vite, et une copie à l’extérieur pour les cas graves.
  3. Automatisez : la sauvegarde doit se faire sans y penser.
  4. Prévoyez une copie hors ligne ou immuable, pour résister aux rançongiciels.
  5. Testez la restauration, puis recommencez régulièrement.

Une sauvegarde bien conçue se fait oublier, jusqu’au jour où elle sauve votre activité ou vos souvenirs. Si vous souhaitez faire le point sur la vôtre, nous étudions avec vous ce qu’il faut protéger, mettons en place des sauvegardes automatiques et vérifions qu’elles se restaurent. Le détail est sur la page sauvegarde.

Sources

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