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Logiciel libre

Le logiciel libre est-il fait pour les débutants ?

Linux, LibreOffice, Firefox : les logiciels libres sont-ils accessibles quand on n’est pas informaticien ? Ce qui fonctionne, ce qu’il faut vérifier, et comment commencer sans risque.

Publié le 7 min de lecture

Pour : Particuliers · Professionnels et associations

Beaucoup de personnes pensent que les logiciels libres sont réservés aux informaticiens : des écrans noirs, des lignes de commande, des réglages compliqués. C’était en partie vrai il y a vingt ans. Ce ne l’est plus aujourd’hui, et vous utilisez probablement déjà des logiciels libres sans le savoir.

En bref

  • Pour les usages courants (internet, courriels, bureautique, photos, vidéos), les logiciels libres sont tout à fait accessibles à un débutant.
  • Avant de changer de système, vérifiez trois points : vos logiciels indispensables, vos périphériques et vos jeux.
  • La transition peut se faire en douceur, logiciel par logiciel, sans tout changer d’un coup.

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Un logiciel libre est un logiciel que chacun a le droit d’utiliser, d’étudier, de modifier et de partager. Son code source, c’est-à-dire sa « recette de fabrication », est public : n’importe qui peut vérifier ce que fait le logiciel, le corriger ou l’améliorer.

« Libre » ne veut pas dire « gratuit », même si la plupart des logiciels libres le sont. Le mot désigne d’abord une liberté : celle de ne pas dépendre d’un seul éditeur, qui décide seul des prix, des fonctionnalités et de la durée de vie de son produit. On parle aussi d’open source : les deux termes ne recouvrent pas exactement la même philosophie, mais ils désignent en pratique les mêmes logiciels.

Vous en utilisez sans doute déjà

Les logiciels libres sont partout, souvent sans que l’on s’en rende compte :

  • Firefox, pour naviguer sur internet ;
  • Thunderbird, pour lire ses courriels ;
  • LibreOffice, pour les textes, les tableaux et les présentations ;
  • VLC, pour lire à peu près n’importe quelle vidéo ;
  • GIMP, pour retoucher des photos ;
  • KeePassXC, pour conserver ses mots de passe en sécurité.

Plus largement, Android repose sur Linux, et la plupart des serveurs qui font fonctionner internet aussi. Le logiciel libre n’est pas une niche : c’est l’une des fondations de l’informatique actuelle. L’État lui-même recommande plusieurs centaines de logiciels libres à ses services, et bascule une partie de ses postes sous Linux ; nous en parlons dans notre article sur l’État et le logiciel libre.

Ce qui a changé ces dernières années

Le principal frein a longtemps été le système lui-même : installer Linux à la place de Windows demandait des connaissances techniques. Plusieurs évolutions ont changé la donne.

Des systèmes pensés pour le grand public. Des distributions comme Linux Mint ou Ubuntu (une distribution est une version de Linux prête à l’emploi, avec ses logiciels et ses réglages) s’installent en quelques clics. Leur interface rappelle celle de Windows : un menu, une barre des tâches, des fenêtres.

Une logithèque comme sur un téléphone. Pour installer un logiciel, on ouvre le gestionnaire de logiciels, on cherche, on clique sur « Installer ». Pas besoin de télécharger des programmes sur des sites plus ou moins fiables.

Des mises à jour simples et regroupées. Le système et tous les logiciels installés se mettent à jour au même endroit, sans redémarrages à répétition.

Le matériel reconnu sans pilote à installer. La plupart des imprimantes et des scanners récents, des écrans, des claviers et des souris fonctionnent dès qu’on les branche.

Le navigateur au centre de tout. Une grande partie de nos usages passe désormais par un site web : messagerie, banque, démarches administratives, visioconférence. Ces services fonctionnent de la même façon sous Linux.

Des documents compatibles. LibreOffice ouvre et enregistre les fichiers Word, Excel et PowerPoint. Les documents simples passent sans difficulté ; une mise en page très élaborée peut demander quelques retouches.

Les points à vérifier avant de changer de système

Soyons honnêtes : le logiciel libre ne répond pas à tous les besoins. Avant de passer un ordinateur sous Linux, trois questions méritent d’être posées.

Vos logiciels indispensables

C’est le point le plus important, surtout pour un professionnel. Un logiciel de comptabilité, de caisse, de dessin technique ou un logiciel propre à votre métier n’existe parfois que pour Windows ou macOS. Il existe alors plusieurs solutions : une version en ligne du même logiciel, un équivalent libre, ou garder un poste sous Windows pour cet usage précis. Ce point se vérifie toujours avant de changer quoi que ce soit.

De même, les classeurs Excel qui contiennent des macros complexes ne fonctionnent pas toujours à l’identique dans LibreOffice.

Vos périphériques

La grande majorité du matériel fonctionne, mais il reste des exceptions : certains scanners anciens, des lecteurs d’empreintes, du matériel très spécialisé. Le plus simple est de tester avant d’installer (voir plus bas).

Vos jeux

De nombreux jeux vidéo fonctionnent sous Linux, notamment grâce à la plateforme Steam. Certains jeux en ligne, protégés par des systèmes anti-triche, refusent en revanche de démarrer. Si les jeux comptent beaucoup pour vous, renseignez-vous jeu par jeu.

Comment commencer en douceur

Il n’est pas nécessaire de tout changer d’un coup. Voici une progression qui fonctionne bien, sans aucun risque pour vos données.

  1. Adoptez des logiciels libres sur votre système actuel. Firefox, Thunderbird, LibreOffice et VLC existent pour Windows et macOS. Vous prenez vos marques sans rien changer d’autre, et vous pourrez les retrouver à l’identique sous Linux.
  2. Essayez Linux sans l’installer. Une clé USB dite « live » permet de démarrer l’ordinateur sur Linux sans toucher au disque. C’est l’occasion de vérifier que le Wi‑Fi, le son, l’imprimante et l’écran fonctionnent. On éteint, on retire la clé, et l’ordinateur retrouve son système habituel.
  3. Commencez par un ordinateur secondaire. Un portable un peu ancien, qui ralentit sous Windows, est un excellent candidat. Linux y retrouve souvent une seconde jeunesse.
  4. Sauvegardez avant d’installer. Avant toute installation, faites une copie complète de vos documents, photos et courriels. C’est la règle d’or, quel que soit le système.

Quelle version de Linux choisir pour débuter ?

Il existe des centaines de distributions, mais deux sont particulièrement adaptées aux débutants :

  • Linux Mint : son interface est très proche de celle de Windows, et elle est livrée avec les logiciels du quotidien, dont Firefox, Thunderbird et LibreOffice. C’est souvent le choix le plus rassurant pour une première fois.
  • Ubuntu : la plus répandue, avec une très large communauté et une abondante documentation en français.

Les deux proposent des versions dites « à support long terme », qui reçoivent des mises à jour de sécurité pendant plusieurs années : jusqu’en 2029 pour la version actuelle de Linux Mint, et jusqu’en 2031 pour Ubuntu 26.04, sortie en avril 2026. C’est ce type de version que nous recommandons.

Côté matériel, Linux Mint se contente de 2 Go de mémoire vive (4 Go sont recommandés) et de 20 Go d’espace disque : la plupart des ordinateurs des dix dernières années conviennent.

Une seconde vie pour les ordinateurs plus anciens

Depuis la fin de Windows 10, de nombreux ordinateurs en parfait état ne peuvent pas passer à Windows 11, faute de répondre à ses exigences matérielles. Plutôt que de les remplacer, installer Linux permet de les garder plusieurs années de plus, avec des mises à jour de sécurité. C’est plus économique, et c’est autant de matériel qui ne finit pas au recyclage. Nous détaillons les différentes options dans notre article sur la fin de Windows 10.

Alors, prêt pour les débutants ?

Oui, pour la grande majorité des usages du quotidien. Une fois installé et réglé, un ordinateur sous Linux s’utilise aussi simplement qu’un autre, et demande souvent moins d’entretien. La vraie difficulté se situe ailleurs : dans le choix de la distribution, l’installation, la récupération des données et la vérification des logiciels indispensables. C’est sur ces étapes qu’un accompagnement fait la différence.

Si vous souhaitez franchir le pas, chez vous ou dans votre structure, nous commençons toujours par faire le point avec vous sur vos logiciels et vos usages. Le détail est sur les pages particuliers et logiciels libres.

Sources

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